« CHIERIES »
Une « chierie » c’est quoi ?
Il s’agit d’une émotion, un état ou un vécu intime, évité ou considéré comme gênant pour la société. Exemples : « mon manque d’estime de moi » « ma peur de l’avenir » « ma colère vis-à-vis d’un-e tel-le » « mon stress au travail » « mes addictions » « ma procrastination » etc…
Une « accouchieuse publique » c’est quoi ?
Il s’agit d’un rôle social avant-gardiste, d’une figure archétypale, qui passe par le jeu, l’autodérision et le rituel pour aider les personnes à se relier à leur intime -leurs chieries-, en percevoir la valeur et les reconnaître comme faisant partie de l’expérience humaine universelle.

Présentation des actions citoyennes « Chieries » :
« Chieries » se veut être une mise en lumière écologique de l’absence regrettable de toilettes publiques dédiés à nos excrétas émotionnels.
Dans la plupart des lieux publics, il existe des espaces dédiés à l’évacuation de nos excréments physiques, mais qu’en est-il de nos surplus du cœur ou de la tête qui ne trouvent pas de lieux où se délester, causant des surcharges ou débordements intérieurs ?
Prenant le contre-pied de nos automatismes sociaux et cette incontournable question lancée à chaque interaction sociale « comment ça va* ? » -qui souvent à tort ou à raison ne reçoit que peu de réponse franche- l’accouchieuse publique de la Compagnie TRANSIT propose avec vitalité et profondeur de soutenir l’harmonie des espaces collectifs et rééquilibrer la relation entre l’intime et le social, en amenant du jeu dans ce qui est souvent considéré comme tabou : l’intime.
S’appuyant sur sa capacité à entrer en relation par des chemins créatifs, joyeux et bienveillants, à partager son regard au travers d’un imaginaire sans limite et des élans de corps, de voix ou de mots qui traversent les a priori, cette composteuse ambulante, chasse d’eau figurative et confidente loufoque, postée devant la queue des toilettes, se charge en temps réel et in situ de reconnaître et célébrer les peines ou les tracas invisiblement présents au sein de rassemblements humains (festif, social, culturel, familial, professionnel…).
Force vive à toute épreuve, elle œuvre toujours en parallèle des évènements en cours, comme une trame qui se tisserait en souterrain afin de soutenir les rendez-vous collectifs, intégrer l’art à la vie quotidienne, faire un pont entre l’ordinaire et l’extraordinaire. Son mode d’action, moins formel et engageant qu’un spectacle traditionnel, rend le jeu accessible à tous-tes, d’une façon à la fois organique, spontanée et respectueuse du milieu ambiant.
* Aller à la selle est signe de bonne santé : l’examen du-de la patient-e invitait le médecin à lui poser une première question : « Comment ça va à la selle ? », d’où l’expression…

1. Les chieries suspendues : installations participatives
Le protocole est simple : l’accouchieuse publique va investir les toilettes du lieu et parcourir l’espace à la rencontre des personnes pour leur proposer d’écrire sur une feuille de papier toilettes la chierie dont ils-elles voudraient se soulager (de la légère tracasserie à la grosse traversée) puis l’accrocher à une corde à linge prévue à cet effet.
Cette étape intimiste et cathartique est anonyme et facultative, elle peut se vivre à la volée ou de façon plus poussée grâce aux cabinets mobiles (voir plus loin). Elle transmet l’idée que les émotions ne sont pas des choses à évacuer comme des déchets mais peuvent être compostées et transformées comme un élément naturel, une matière première à valoriser et élever au rang de quelque chose de sacré.
Cet acte symbolique constituant le geste central de « Chieries » permet donc de :
- Nous délester de ce qui nous pèse intérieurement
- Donner une visibilité légère et poétique à nos émotions
- Partager une expérience collective et anonyme sans exposition personnelle directe
- Transformer dignement nos travers en matière sensible et esthétique
Fiche technique :
Durée : installation continue ou ponctuelle
Espace : minimum 5m² pour la circulation, située près des toilettes, à l’abri du vent ou de la pluie
Matériel : corde, pinces, papier toilette, feutre, pancarte
Besoins : support d’accroche pour la corde à linge





Aurillac 2025 – Photographe : Susy Lagrange
2. Les cabinets émotionnels : entresorts
Les toilettes sont souvent regardés comme un lieu honteux, à cacher, un passage obligé du corps. Pourtant, ce sont aussi des espaces d’intimité, de soulagement et parfois de méditation furtive.
Évoquant l’image des cabinets et de ses attributs comme un espace de circulation et de compostage des matières humaines, TRANSIT a créé des cabinets intimistes et mobiles dédié cette fois à notre transit émotionnel, au dépôt et à la transformation de nos chieries. Cette expérience immersive se vit au travers d’expériences sensorielles et d’actes rituels simples tel qu’écrire son état intérieur sur une feuille de papier toilette. Les usager-es peuvent les utiliser de façon autonome ou en interaction avec l’accouchieuse postée à l’extérieur, capable de les guider de façon complice et ludique vers un soulagement, l’idée étant ici d’explorer et donner corps à leur état présent d’une façon créative et leur permettre de voir leurs émotions sous un nouvel angle. Différents médiums y sont installés afin d’interagir avec l’extérieur.
A l’inverse du confessionnal religieux qui a longtemps entretenu un rapport de honte et de culpabilité vis-à-vis de notre intime, alors vécu comme un péché à expier, ces cabinets proposent de reconnaître et célébrer nos émotions et nos travers. C’est un espace d’accueil et de soin, de réappropriation de soi, qui vient rétablir une justice de l’intime et réparer des siècles de pression morale.
Entre installation artistique et expérience participative, cette cabine constitue un lieu de passage symbolique, à la frontière du sacré et du profane. Elle invite à la dédramatisation, au rire et à l’introspection légère, dans un espace accueillant et bienveillant.
S’asseoir sur ces cabinets, c’est reconnaître individuellement et collectivement que nos émotions aussi ont besoin d’un lieu et un temps quotidien, en toute dignité.
L’usage de ces cabinets est multiple puisqu’il peut servir à la fois pour les interviews de Confesses (voir ici) ou pour l’écoute du podcast. L’accouchieuse parfois elle-même installée à l’intérieur peut offrir au public des tableaux et interactions totalement décalés de l’usage habituel des WCs afin d’illustrer et permettre un nouveau regard. Ses parois étant modulables, l’espace peut également se transformer en cabine transparente et faire office aussi bien de terrain de jeu performatif particulièrement visuel que de lieu d’exposition des chieries et autres œuvres excrémentielles.
Fiche technique :
Durée : Sessions d’1 à 3h / 10 à 20mn par personne
Espace : 3x3m près des toilettes du lieu, sol plat, accessible aisément avec un véhicule
Matériel : Cabine à roulettes, éléments décoratifs, affichage
Configurations : Exposition (cabine transparente) ou entresort (cabine opaque)
-> Ces cabinets seront prêts en 2026, des images sont à venir

3. Ambiançage des toilettes publiques : performances déambulatoires et interactives
Ici, l’accouchieuse publique investit les abords des sanitaires, leur file d’attente aussi, et propose par le jeu et l’interaction de dédramatiser ce moment souvent perçu comme ennuyeux, banal ou gênant. Tout en créant du lien social, elle égaye et met en lumière notre transit –physique comme émotionnel – à travers des images, échanges et sondages à la fois ludiques et sensibles, en laissant chaque personne libre d’y participer ou non.
Entre sondages collectifs à la volée (« alors, qui a été à la selle ce matin ? » « qui a le transit perturbé en ce moment ? » etc), conversations plus intimes (« comment ça va votre transit émotionnel aujourd’hui ? » « qu’est-ce que vous auriez envie de déposer pour vous sentir mieux ? ») et petits rituels loufoques (écrire ses chieries, chorégraphies pour ouvrir les sphincters, bénédictions burlesques, formules magiques) pour aider la bonne circulation de leurs selles et de leurs chieries, TRANSIT transforme de façon inattendue le passage aux toilettes en un moment non seulement vivant et joyeux mais aussi libérateur et engagé.
Ici ,l’imaginaire est central : avec l’accouchieuse publique, les toilettes deviennent tour à tour lieux de culte, sanctuaires de l’intime, ou encore personnages dotés de personnalité à qui s’adresser avec considération. Cette approche décalée ouvre un espace de rire, de partage et d’autodérision, tout en valorisant la rencontre humaine.
En faisant de cet acte du quotidien un moment collectif et vivant, « Chieries » offre aux participant-es une manière simple et réjouissante de considérer autrement leur corps et leurs émotions, et d’enrichir la convivialité d’un évènement. Également, leur implication corporelle et vocale renforce leur conscience du collectif et leur sentiment d’appartenance au vivant.
En complément de l’ambiançage des files d’attente, il est possible d’y installer les cabinets émotionnels pour soutenir la présence de l’accouchieuse et offrir au public des tableaux étonnants visuellement ou des confidences insolites, offrant un décalage riche de sens.
Fiche technique :
Durée : Séquences répétées d’1h, en fonction de l’affluence (alternées avec les cabinets s’ils sont présents et la récolte de chieries)
Espace : Doit permettre la libre circulation
Besoins : Des horaires à plus forte affluence, pas trop bruyant










Aurillac 2025 – Photographe : Susy Lagrange
Fiche technique générale :
Format : Déambulation légère et interactive, médiation, installation mobile (cabine sur roulettes)
Public : Tout âge, accessible à tous-tes
Cadres : Festivals, évènements publics ou privés, structures sociales et culturelles, fêtes de village, espaces d’exposition, marchés…
Conditions techniques : Près des toilettes du lieu, espace plat pour l’installation et la circulation de la cabine, accès extérieur/intérieur selon les lieux, possibilité d’installer une corde à linge (poteaux, arbres, grillages etc.)
Tarif : Devis sur demande (prestation + déplacement, repas et hébergement si besoin)
Afin d’évaluer les critères d’interventions, une rencontre en amont est possible.

Aurillac 2025 – Photographe : Susy Lagrange
Témoignages :
« Artiste d’une grande qualité d’improvisation et d’émotion. »
« Lumineuse et drôle. »
« Une impulsion de fraîcheur et de jeunesse. »
« Joueuse qui sait allier légèreté, précision et profondeur. »
« Une âme entraînante, sensible et à l’écoute. »
« Une énergie légère et pimpante, positive et sincère. »
Lecture audio de cette page :
Flyers Ambiançage :


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