ALIX REVERDIN
Porteuse de projet – joueuse tout-terrain – accompagnante de stage

Je n’ai jamais eu d’attrait particulier pour ce qu’on appelle communément le « caca » et j’ai toujours eu un très bon transit, pourtant, j’ai durant quinze bonnes années cheminé tranquillement vers cette noble thématique. Ayant eu assez jeune le désir d’allier pratique artisanale et pratique corporelle, action sociale et conscience écologique, relation au vivant et soin de l’individu, c’est l’addition de toutes mes expériences de vie et mon insatiable goût du risque qui m’ont permises de trouver une cohérence générale et une forte conviction dans ce que j’entreprends à présent.
Dès 2009, au cours de mes études d’art plastiques à l’Université de Paris 8, j’ai sans raison déterminée fait plusieurs planches à dessins de sanitaires. Puis dans mes études de sociologie et anthropologie à l’Université de Paris 7, j’ai fait une étude sur la queue dans les toilettes publiques. C’est à cette époque, et notamment lors de mes voyages (Afrique, Asie, Moyen-Orient) et auprès des associations pour lesquelles j’ai été bénévole (le GENEPI en milieu carcéral et AutreMonde dans la lutte contre l’exclusion) que j’ai commencé à me pencher d’un côté sur la question des rites et du chamanisme, et de l’autre sur celle des tabous et de la norme.
C’est entre mes divers emplois dans l’animation et mes pratiques du théâtre et de la danse que j’ai découvert le clown et le bouffon en 2013. Le coup de cœur a été saisissant. Au cours des dix années suivantes, j’ai suivi de nombreux stages dans le domaine, et tout particulièrement au travers de la pédagogie d’Eric Blouet. Je me suis également formée pour accompagner des adultes dans cette pratique, chose que je fais depuis 2018. C’est durant cette période que j’ai commencé à travailler pour diverses structures (ehpad, mairies, écoles, associations) en région PACA et en Occitanie. Le jeu est devenu pour moi une philosophie de vie et un état d’être au monde.
C’est en 2020 qu’est né mon univers excrémentiel, amplement nourri de mes expérimentations en espace public, de mon vécu personnel et le rapport que j’entretiens à mes émotions, nourri aussi de la transformation naturelle de mon usage des toilettes : pour les selles je m’accroupis directement sur un seau posé au sol, dedans ou dehors, c’est-à-dire sans lieu dédié, j’urine en extérieur ou bien debout dans un vase, je n’utilise plus de papier toilettes mais de l’eau pour me rincer. Ma réappropriation de ce moment quotidien m’a amené à aborder autrement les éléments, gestes et espaces qui y sont habituellement dédiés.
C’en est suivie en 2024 la création de la compagnie TRANSIT dont je suis l’artiste et porteuse de projets, et l’expansion de tout un panel de propositions qui se croisent, se répondent et se complètent.

